Le SIBO, la face cachée du Côlon Irritable – Partie 2

Pour lire la partie 1 de cet article : le SII & l’alimentation FODMAPs.

Si vous souffrez de troubles digestifs divers et variés, vous avez certainement un jour ou l’autre entendu parler du Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) ou, en d’autres mots, de la colopathie fonctionnelle. D’ailleurs c’est – sans grande surprise – l’article le plus lu sur le blog !

Avant de commencer la lecture de cet article, je vous invite fortement à lire la partie 1 pour mieux comprendre ce dysfonctionnement de nos temps modernes…

Avez-vous réellement le Syndrome de l’Intestin Irritable ?

Qu’on se l’avoue, le côlon irritable est une étiquette que la médecine allopathique a bien trop souvent collée aux pauvre patients dont la source de leurs maux demeurait inconnue ou inexpliquée.

Pourquoi c’est un problème ? Parce que la colopathie fonctionnelle regroupe en fait un nombre conséquent de symptômes divers… avec, ironiquement, une seule et unique solution pour les traiter. Or, vous le savez, on ne peut répondre à l’unanimité face à autant de signaux différents.

Le Syndrome de l’Intestin Irritable n’est pas un diagnostic pathologique à proprement parler. C’est en fait un diagnostic d’exclusion. C’est-à-dire que vous vous présentez chez votre médecin avec tous vos symptômes, ce dernier vérifie qu’il n’y a aucune anomalie sur le plan biologique, et ne peut donc expliquer la source organique du problème.

Combien de patients se sont entendus dire…

  • « C’est le stress »
  • « Détendez-vous un peu… »
  • « C’est juste que vous êtes hypersensible ! »
  • « C’est dans votre tête » (?!?!)
  • « Mangez plus équilibré, ça finira par passer… »
  • « Au pire, ce n’est pas si grave… »
  • « Il faut méditer »
  • « Si vous n’étiez pas si obsédé par votre régime, aussi… »

Et dites-moi, combien de ces patients présentent également au moins l’un des signes suivants :

  • Des infections récidivantes
  • Une inflammation de bas grade
  • Une déficience immunitaire
  • Une candidose chronique
  • Des sinusites, otites à répétition
  • Du psoriasis, de l’eczéma
  • Un zona
  • Anorexie / Boulimie / Hyperphagie (ou autre TCA)
  • De la constipation ou, à l’inverse, de la diarrhée
  • Des ballonnements excessifs
  • Des reflux acides
  • Des carences nutritionnelles
  • Un épuisement
  • Un stress chronique
  • Des pulsions sucrées
  • La sensation d’un ventre plein après seulement deux bouchées
  • Des allergies, intolérances alimentaires
  • Des sauts d’humeur
  • Une anxiété, des crises d’angoisse
  • Une dépression

Ce ne sont que des signes parmi tant d’autres, malheureusement devenus une banalité dans notre monde inversé d’aujourd’hui.

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous tombiez malade alors que votre voisin est en excellente santé ? Croyez-vous vraiment qu’il relève simplement d’une question de génétique ?

Certes, le patrimoine génétique a son influence, nous n’irons pas contre cette idée. En revanche il a été prouvé par la science que nos gènes sont aussi activés ou inhibés selon l’environnement dans lequel on vit. C’est ce qu’on appelle l’épigénétique. Ce qui veut dire que le terrain joue beaucoup dans l’apparition des symptômes et maladies !

Nous n’avons pas tous la même constitution, oui, mais comment nous mangeons, où nous vivons, qui nous fréquentons etc. sont des paramètres à prendre en compte. Peut-être aujourd’hui devrez-vous faire plus d’efforts pour être en bonne santé que votre voisin qui peut se permettre de manger tout ce qui lui passe sous le nez, peut-être aujourd’hui êtes-vous plus fragile… mais reparlons-en dans dix ans.

Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, votre terrain est plus sensible et que la priorité est de le régénérer. Une bactérie, un virus, un champignon, une levure… ne se développe que dans un environnement propice à sa survie. S’il n’y a pas lieu de proliférer, alors l’organisme est en bonne santé. S’ils se (sur-) développent, c’est qu’il y a une bonne raison… le déséquilibre du microbiote.


« Oui, mais on m’a dit que j’avais l’intestin irritable… »

Vous avez sans nul doute l’intestin irrité, ce qui est le cas de beaucoup de personnes, mais cela ne veut pas dire que vous avez le SII. En vérité il existe 4 types de SII (IBS pour Irritable Bowel Syndrome en Anglais) :

  • IBS-C pour les sujets à prédominance constipation
  • IBS-D pour les sujets à prédominance diarrhée
  • IBS-M ou C/D pour les sujets avec alternance de constipation et diarrhée
  • IBS-U pour… tous les autres ! (Unspecified en Anglais)

Je vous laisse imaginer le tas de symptômes qui peuvent potentiellement rentrer dans la case du SII…

Comment savoir si j’ai vraiment le Syndrome du Côlon Irritable ?

Je vous invite à vous poser les questions suivantes :

  • Avez-vous déjà essayé les régimes FODMAPs ou SCD (régime des glucides spécifiques) sans réussite ?
  • Avez-vous des difficultés à digérer les glucides complexes, même ceux autorisés dans ces précédents régimes ?
  • Souffrez-vous de ballonnements, d’aérophagie, de gaz ?
  • Souffrez-vous d’éructations récurrentes ?
  • Avez-vous sans arrêt cette sensation de ventre gonflé ?
  • Avez-vous cette sensation d’être « envahi » par des bactéries étrangères ?
  • Ressentez-vous ce besoin de vous purger, de vous vider ?
  • Êtes-vous attiré par des aliments non nutritifs, souvent sucrés ou très salés ?

Si vous répondez oui à plusieurs de ces questions, alors le Syndrome de l’Intestin Irritable n’est sûrement… pas ce que vous avez. Par contre, ce qui est certain, c’est que vous avez bel et bien le microbiote à l’envers. Je vous propose donc de découvrir ce qu’on appelle le SIBO, qui pourtant n’est pas si beau…

Le SIBO, cette maladie mal identifiée… souvent confondue à tort avec le SII

SIBO signifie « Small Intestinal Bacterial Overgrowth » en Anglais, autrement dit pullulation bactérienne de l’intestin grêle.

Pour reprendre les notions de base de physiologie, l’intestin grêle est la partie qui assimile les nutriments. Vous mangez… vous digérez… vous assimilez. Les résidus non assimilables par le corps se dirigent ensuite vers le côlon, où les « bonnes bactéries » s’occuperont du reste.

En toute logique, il devrait donc y avoir peu de bactéries dans l’intestin grêle. Leur place est dans le côlon et elles ne devraient pas en bouger. Le problème, quand on a un SIBO, c’est que ces bactéries sont remontées le long de la paroi intestinale pour s’installer dans le grêle.

Faisant leur travail consciemment et assidument, qui est la digestion des aliments non assimilés, elles continuent de manger… ce qu’elles ne devraient pas. C’est-à-dire qu’au lieu de manger les « restes » de votre repas, elles se font un festin avec la grande partie voire la totalité de ce que vous avalez !

Ce n’est pas tant le fait d’avoir des bactéries qui pose problème. C’est le fait d’en avoir trop, et au mauvais endroit.

En logeant dans l’intestin grêle au lieu du côlon, ces bactéries entrent en concurrence directe avec vous-même pour l’assimilation des nutriments. Résultat ? Vous mangez… mais vous êtes carencé, fatigué, déprimé et… ballonné.

Car ces fameuses bactéries produisent tout un tas de métabolites, dont entre autres de l’hydrogène qui tend à être laxatif, du méthane qui tend à constiper… ou les deux.

Dans tous les cas, ces métabolites provoquent des gaz, des flatulences, des ballonnements incessants.

Que risque-t-on avec ce surplus de bactéries dans l’intestin grêle ?

  • Une faible tolérance pour les aliments gras (due à la saturation du foie)
  • Une anémie (carence en fer ou en vitamine B12)
  • Un manque d’enzymes digestives
  • Une prolifération des bactéries et champignons opportunistes
  • Une surproduction de mucus au niveau de l’intestin
  • Un appauvrissement de la flore intestinale

Par ailleurs, l’intestin est en permanence irrité par ces bactéries et les métabolites qu’elles produisent.

Comment dépister le SIBO ?

Un test respiratoire permet de détecter la présence de ces bactéries. Durant ce test, il s’agit d’ingérer du lactulose pour ensuite mesurer durant 2-3 heures l’expiration de méthane et d’hydrogène. Loin d’être indispensable, il permet cependant d’affirmer un diagnostic médical plus précis.


Comment soigne-t-on le SIBO ?

Vous entendrez beaucoup dire qu’on ne soigne pas le SIBO, mais qu’on vit avec. Je trouve cette réponse en partie vraie, en partie fausse.

Je pense avant tout qu’il s’agit d’une hygiène de vie.

Que si nous respectons certains principes de vie alors nous n’avons aucune raison de manifester ces symptômes désagréables. Que si nous ne les respectons pas, alors nous avons toutes les chances de développer et de nourrir ces phénomènes pathologiques.

Oui mais seulement, les bactéries sont intelligentes.

Un organisme habitué à manger des aliments inadaptés sera, le plus souvent, attiré par eux. Nous aimons ce à quoi nous sommes habitués. Nous en raffolons, et nous en redemandons.

Il a été prouvé que les bactéries peuvent directement influencer le comportement de leur hôte.

Chaque personne souffrant de SIBO est unique et nécessite une nutrition adaptée à sa condition physique, son métabolisme, l’état de son microbiote, son état de fatigue actuel, sa tolérance alimentaire, son système immunitaire etc.

Beaucoup de facteurs impliquant une prise en charge singulière.

Néanmoins des principes de base doivent être mis en place. Comme le dit Irène Grosjean – dont la réputation n’est plus à faire – notre équilibre repose sur 4 composantes de vie : la respiration, l’alimentation vivante, le sommeil et l’élimination.

Concernant l’alimentation, je vous propose de bannir les régimes et d’ajouter de la NUTRITION dans votre quotidien.

♥︎ Diminuez les sucres complexes riches en amidon (céréales, légumineuses)

Ces sucres sont lents et difficiles à digérer, fermentent dans les intestins et nourrissent les bactéries opportunistes.

♥︎ Orientez-vous vers des sucres simples faciles à digérer (les fruits)

Cela va totalement à l’encontre ce que l’on entend partout. Je le sais… mais pourtant, avant de juger… expérimentez. Les fruits frais, rapidement assimilés, sont riches en minéraux indispensables à nos cellules.

♥︎ Ajoutez des jus de légumes et de fruits crus fraîchement préparés à l’extracteur de jus

Les jus de légumes et de fruits crus – dont le Docteur Norman Walker en était le spécialiste – apportent une quantité considérable de nutriments sans les fibres agressives pour les intestins hypersensibles. C’est une clé pour réparer, dans un premier temps, les muqueuses abîmées. Les jus sont assimilés avant même d’avoir pu être prédigérés par ces fameuses bactéries qui s’imposent dans l’intestin grêle… elles se retrouvent donc « affamées » et n’ont plus lieu d’y rester.

♥︎ Intégrez des matières grasses digestes

Les matières grasses saturées, en particulier l’huile de coco, sont plus digestes. L’huile de coco constituant, en plus, un excellent antifongique naturel.

♥︎ Utilisez les vertus des plantes médicinales

La nature regorge de plantes aux vertus salutaires pour notre organisme. Que ce soit :

  • Les plantes antifongiques comme l’ail, l’hydraste du Canada, le neem, la cannelle de Ceylan
    Les plantes prokinétiques comme la cascara et l’aloe vera etc. permettant d’activer le péristaltisme intestinal mis à mal avec le SIBO.
  • Les plantes anti-inflammatoires comme le curcuma
  • Les plantes adaptogènes comme la maca et la rhodiole

Je suis ravie de travailler avec AavaLabs qui fabrique des compléments alimentaires naturels d’une haute qualité.

Nous vous offrons -10% sur le site avec le code promo CLAIRE10.


Quid des probiotiques ?

Je suis d’avis que le réensemencement de la flore intestinale se fait dans un deuxième temps, après avoir nettoyé le terrain. Si les probiotiques sont généralement bien tolérés, ils peuvent s’avérer inefficaces voire exacerber les symptômes gênants et/ou douloureux si l’intestin n’est pas encore propre à ce stade.

Donc une fois le travail de purification effectué, vous pouvez tout à fait utiliser des probiotiques suffisamment dosés (minimum 20 millards UFC) pour repeupler votre microbiote.

Les probiotiques que je vous recommande :

Le SIBO se soigne… mais demande du temps

Je crois fermement que le corps a cette fabuleuse capacité de s’auto-régénérer s’il dispose des bons outils (nutrition qualitative, activité physique adaptée, meilleure tolérance au stress, sommeil réparateur, gratitude). On ne répare pas en quelques jours un terrain abîmé par des années de négligence. Mais ce qui est sûr, c’est que c’est possible.


Je vous souhaite du courage, de la volonté, de la détermination dans la prise en charge de votre santé. Vous avez les clés. Vous pouvez vous soigner. Être malade n’est pas une fatalité. Reprenez votre pouvoir !

Pour toute question, n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à m’écrire directement. On se retrouve très vite pour la partie 3. ♡

Partagez cet article sur Pinterest ou enregistrez-le pour plus tard :

Partager:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *