Et si votre envie de chocolat était le reflet d’une carence en magnésium ? Boire du jus d’orange comblerait-il votre besoin de vitamine C ? Votre envie de viande rouge pourrait-elle signaler un manque de fer ?
Je suis tombée sur un article qui parle de l’intelligence nutritionnelle. (1) Je trouve ce sujet passionnant. J’ai donc mené mes recherches et décortiqué différentes études scientifiques pour vous en dire plus sur le sujet.
Vos envies d’aliments pourraient-elles révéler des besoins dont vous n’auriez pas conscience ?
En 1939, la pédiatre Clara Davis, pionnière dans le monde de la recherche scientifique, a mené une enquête étonnante (2) pendant 6 ans sur des enfants en bas âge (entre 6 et 12 mois au début de l’étude). Le but de l’étude était d’évaluer si les enfants, n’ayant encore aucune idée reçue sur l’alimentation, étaient capables de choisir instinctivement quoi manger sans supervision de leurs parents.
Ils avaient le choix parmi une large sélection d’aliments bruts, frais et non transformés : viandes, céréales complètes, légumes, fruits… Le sucre, les céréales raffinés, les produits transformés dérivés du lait, les aliments en conserve et tous les produits industriels ont été exclus.
Ils pouvaient manger ce qu’ils voulaient, sans restriction de quantité
Au bout de 6 ans, les résultats ont montré que les enfants ont sélectionné naturellement des repas variés et riches en nutriments. Aucun enfant ne s’est contenté d’un régime à base de céréales et de lait (ce qui est communément recommandé à cet âge) mais se sont naturellement dirigés vers les fruits, les légumes, la viande et les œufs.
Au fil des années, chaque enfant a progressivement adapté ses quantités et consommait en moyenne 17% de protéines, 35% de lipides et 48% de glucides.
Pour vous donner une idée, les apports nutritionnels officiellement conseillés à leur âge sont de 7 à 17% de protéines, 35 à 40% de lipides et 40 à 55% de glucides selon le dernier rapport de l’ANSES (2017). Coïncidence ou pas ?! La pédiatre conclut : « Un tel équilibre entre plus de 30 nutriments essentiels, présents dans des proportions différentes dans les aliments présentés, suggère immédiatement l’existence d’un mécanisme inné et automatique pour ce faire, dont l’appétit fait partie. » Mais ce n’est pas tout. Une autre étude (3) a prouvé que nous étions capables d’ajuster les quantités d’un repas selon sa densité énergétique (autrement dit, le nombre de calories qu’il contient).
On pensait jusque-là que l’être humain recherchait des aliments denses en calories pour se nourrir…
En réalité, il chercherait plutôt des aliments riches en nutriments ! Serait-ce un signe de notre intelligence nutritionnelle ?
Cependant, l’étude de la scientifique Clara Davis a ses limites. Les enfants ont su répondre à leurs besoins innés dans un contexte particulier : ils avaient accès uniquement à des produits sains, complets et non raffinés.
À ce titre, Clara Davis insiste sur le fait que « l’appétit n’est pas fiable si l’on mange des aliments transformés, qui ont perdu certains de leurs nutriments. Malheureusement, ils sont devenus prédominants dans notre alimentation moderne, comme le sucre et la farine blanche ».
Nous avons faim parce que notre alimentation moderne est carencée en nutriments
Or, en consommant des aliments bruts, non transformés, vous pouvez faire confiance à vos signaux de faim et de satiété. Selon la chercheuse, avec cette alimentation et en écoutant vos besoins :
- il est quasi impossible d’avoir des problèmes de poids,
- vous n’avez pas besoin de restreindre vos quantités,
- vous limitez drastiquement le risque de troubles du comportement alimentaire (TCA).
Dans de telles conditions, vous vous reconnectez à vos besoins primaires, exactement comme le faisaient nos ancêtres ou comme peuvent le faire les animaux.
Cela dit, je tiens à vous rappeler que d’autres facteurs peuvent impacter votre comportement alimentaire. Par exemple, les fringales peuvent survenir en raison d’une glycémie instable, d’un manque de sommeil, de bouleversements hormonaux (les femmes l’expérimentent durant leurs cycles menstruels !) ou d’une fatigue chronique, etc. Ce sont plein de paramètres à prendre en compte dans un rééquilibrage. Donc libre à vous de vous faire votre propre avis, tout en gardant un esprit critique. Je vous dis à bientôt.
Sources :
(2) Davis CM. RESULTS OF THE SELF-SELECTION OF DIETS BY YOUNG CHILDREN. Can Med Assoc J. 1939 Sep;41(3):257-61. PMID: 20321464; PMCID: PMC537465.
(3) Annika N Flynn, Kevin D Hall, Amber B Courville, Peter J Rogers, Jeffrey M Brunstrom, Time to revisit the passive overconsumption hypothesis? Humans show sensitivity to calories in energy-rich meals, The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 116, Issue 2, August 2022, Pages 581–588, https://doi.org/10.1093/ajcn/nqac112

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