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Allergie pollen-aliments : c’est quoi ?

par | Juil 3, 2024 | Blog, Santé | 0 commentaires

Je ne me suis jamais intéressée au pollen plus que cela. À chaque été, je me préparais à sortir les mouchoirs et j’attendais simplement que cela passe. Parce que l’allergie au pollen finit par passer ; même si elle me vaut chaque année plusieurs mois désagréables, elle n’est pas continue et je n’ai pas non plus ressenti le besoin d’employer les grandes méthodes de désensibilisation.

Quand j’étais petite, mes parents me donnaient les médicaments, les fameux anti-histaminiques, pour contrer l’allergie. Puis, en grandissant, j’ai très vite voulu les arrêter. Je n’ai jamais été une fan de médicaments et je n’ai pas attendu d’avoir 20 ans pour déjà proclamer que je n’en voulais pas quand cela ne me semblait nécessaire. J’attendais que l’allergie passe, voilà tout.

Seulement, les choses ont changé depuis environ 2 ans où mon allergie s’est accentuée et a commencé à se manifester dans l’alimentation. Bien sûr, lorsque les premiers symptômes se sont déclenchés, je n’avais aucune idée du lien entre mon allergie au pollen et mon intolérance à ces aliments. Aliments qui, soit dit en passant, je ne tolère pas crus mais tolère sans problème cuit. Au départ, c’était pour moi complètement incompréhensible, et le lien entre le pollen et ces aliments, je l’ai compris bien plus tard !

Une allergie pollen-aliments, qu’est-ce que c’est ?

On parle aussi de syndrome pollen-aliments, de réaction croisée ou en Anglais de pollen-food allergy syndrome (PFAS). Il apparaît chez les individus qui présentent une allergie au pollen (ou rhume des foins) et qui consomment certains aliments (la plupart du temps des fruits et légumes crus, des oléagineux ou des épices).

Ce syndrome est causé par le fait que les protéines qu’on trouve dans ces aliments ont une structure similaire aux protéines présentes dans les pollens. Quand on consomme un aliment vecteur de cette protéine, le corps la reconnaît comme étrangère au même titre que les protéines de pollens. Il libère alors des anticorps IgE qui vont activer la libération de médiateurs de l’inflammation dont l’histamine en grande quantité, mais aussi des cytokines et des prostaglandines. C’est ce qui entraîne les réactions de démangeaisons et de picotements qui restent généralement au niveau de la sphère ORL. La réaction médiée par les IgE est rapide et les manifestations apparaissent souvent dans les minutes qui suivent.

C’est pour cela qu’on parle d’allergie croisée. Les allergies croisées ne sont pas des allergies alimentaires. En soi, vous n’êtes pas allergique aux aliments concernés, c’est juste que votre corps ne fait pas la différence entre la protéine du pollen et la protéine de ces aliments en question. En France, on estime que jusqu’à 60% des allergies alimentaires chez les adultes sont associées à une allergie au pollen.

Pourquoi retrouve-t-on des protéines allergènes dans les fruits et légumes ? Tout simplement parce que les végétaux utilisent ces protéines comme moyens de défense en réponse à une agression (insectes, microbes, climat…).

Quels sont les aliments concernés ?

  • certains fruits crus (pastèque, melon, pomme, poire, kiwi) ;
  • certains légumes crus (tomate, carotte, céleri…) ;
  • certains oléagineux crus (amande, noisette, noix de pécan, noix…) ;
  • certaines épices (cumin, fenouil, anis…).

Le syndrome pollen-aliments est médié par les IgE, des protéines sensibles à la chaleur, ce qui diminue notablement le potentiel allergène de ces aliments une fois cuits.

D’une part, les symptômes restent bénins la plupart du temps. D’autre part, il n’y a généralement pas de symptôme si les fruits et légumes sont consommés cuits, ni si les oléagineux ont été grillés ou torréfiés. Les symptômes qu’on expérimente sont dus en raison de la libération d’histamine dans le corps.

Les symptômes de l’allergie pollen-aliment sont dus à la libération d’histamine dans le corps

  • gorge qui gratte et sensation de serrement ;
  • lèvres qui gonflent ;
  • peau qui démange, plaques rouges, urticaire ;
  • sensation d’engourdissement ;
  • troubles digestifs et douleurs (libération de prostaglandines) ;
  • paupières qui gonflent ;
  • nez qui coule ;
  • démangeaisons dans les oreilles.

En revanche, le risque d’une allergie sévère n’est pas égal à zéro, c’est pourquoi je vous conseille de faire tout de même attention.

Le principal symptômes sévères (rare) est l’anaphylaxie dans 1,7% des cas (une réaction aiguë de type IgE qui se traduit majoritairement par une détresse respiratoire).

Si l’allergie au pollen est saisonnière et bien que la prévalence et l’intensité de ces symptômes augmentent au printemps, pendant la saison du pollen, on observe généralement qu’un individu allergique au pollen sera sensible à ces aliments toute l’année. Il ne suffit donc pas de faire attention uniquement pendant la saison du printemps, mais vraiment de rester vigilant toute l’année.

Comment vaincre une allergie pollen-aliments ?

Je vous présente mes 5 conseils pour limiter le syndrome pollen-aliments.

Désensibilisation

La désensibilisation consiste à exposer l’organisme à l’allergène, de manière progressive et contrôlée par un allergologue. Concrètement, il s’agit de plusieurs injections sous-cutanées qui visent à terme à réduire l’allergie.

Éviction des aliments concernés

Pas de mystère ! Je ne vous suggérerai pas de vous aventurer à continuer de consommer ces aliments problématiques, en tous cas pas sous forme crue. Au-delà des manifestations physiques peu sympathiques, je vous rappelle que le risque zéro de choc anaphylactique n’existe pas.

Les allergies pollen-aliments sont encore peu connues aujourd’hui. Même si l’on sait que certaines protéines sont détruites à la chaleur, on sait aussi que ce n’est pas le cas de toutes. Par exemple, la pomme cuite est bien tolérée la plupart du temps, mais les allergènes des noisettes ou du céleri, eux, résistent à la chaleur.

Regardez en fonction de votre degré de sensibilité. Nous avons chacun le nôtre. Personnellement, je sais que je peux sans autre manger de la tarte aux pommes mais ce n’est pas le cas pour les amandes, même grillées, par exemple.

Alimentation anti-inflammatoire, antioxydante

Certains aliments sont naturellement antihistaminiques, anti-inflammatoires et antioxydants : ceux qui sont sources d’oméga-3, probiotiques, vitamines C et E.

Il est fondamental de conserver un ratio oméga-6 / oméga-3 équilibré et pour cela, de consommer suffisamment de poissons gras (sardine, saumon, anchois, maquereau, hareng…) et d’huiles végétales comme l’huile de lin, de chanvre, de cameline, de chia mais aussi des huiles sources d’oméga-9 comme l’huile d’olive ou d’avocat. Une autre source intéressante d’oméga-3 sont les produits labellisés Bleu-Blanc-Cœur (œufs, viandes, laitages, produits céréaliers…).

Il peut aussi être intéressant de consommer des probiotiques. Pour citer la définition de l’OMS, les probiotiques sont “des microorganismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels”. Un microbiote équilibré est gage d’un système immunitaire efficace avec une bonne modulation de la réponse immunitaire. Par ailleurs, certaines souches de probiotiques sont connues pour leur vertus anti-inflammatoires comme L. rhamnosus ou B. lactis. À l’inverse, on peut observer chez les personnes atteintes de dysbiose intestinale une dérégulation du système immunitaire. On les retrouve notamment dans le levain naturel, le kéfir, le pollen de Ciste, le vinaigre de cidre non pasteurisé, le kimchi, les légumes lacto-fermentés, le tempeh et le tofu lacto-fermenté, les produits laitiers au lait cru.

La vitamine E (tocophérol) serait la vitamine la plus antioxydante connue à ce jour et montrerait des effets positifs en cas de rhinite allergique. Pour combler vos besoins, consommez du germe de blé, de l’avocat ou de l’huile d’avocat, du foie de morue ou de l’huile de foie de morue, de l’huile d’olive, des œufs et notamment le jaune d’œuf, des légumes verts, etc. C’est aussi une vitamine dite liposoluble (soluble dans les corps gras). Il est donc indispensable de consommer suffisamment de bonnes matières grasses pour permettre l’assimilation de cette vitamine.

Enfin, la vitamine C (acide ascorbique) est connue pour ses propriétés immunomodulatrices. Elle serait capable de limiter la sécrétion d’histamine et ainsi de réduire les symptômes d’allergie au pollen. Pour combler vos besoins, vous pouvez consommer des fruits rouges, des légumes verts, des poivrons, des agrumes, du persil, ou encore de l’açai (j’ai une recette délicieuse d’açai bowl dans mon ebook Nourish !) ou de l’acérola sous forme de super-aliment.

Diminuer la consommation d’aliments pro-histaminiques

À l’inverse, certains aliments sont riches en histamine ou favorisent sa libération : produits fermentés, fumés, vin. Même si le corps est capable de détruire l’histamine grâce à une enzyme qu’on appelle la diamine oxydase (DAO), il peut arriver dans certains cas qu’il n’en soit plus capable en raison d’un déficit en DAO. C’est ce qu’on observe dans les cas d’intolérance à l’histamine… mais ce sera certainement le sujet d’un autre podcast !

Aliments riches en histamine :

  • aliments fermentés (choucroute, fromages affinés) ;
  • charcuteries (jambon cru, saucisson) ;
  • certains poissons (thon, maquereau, sardine, anchois) ;
  • aliments fumés (saumon fumé) ;
  • certains légumes (tomate, aubergine, épinard) ;
  • alcool (bière et vin).

Il est préférable de consommer des aliments frais. Évidemment, vous vous doutez bien que l’idée n’est absolument pas de bannir tous ces aliments, autrement on ne mangerait plus rien. D’autant plus qu’il s’agit ici d’une liste non exhaustive et surtout théorique, mais que dans la pratique, le plus important est d’observer les réactions de votre corps. Vous n’avez pas forcément une réaction pour chacun des aliments mentionnés, donc inutile de vous priver de tout… mais ciblez bien !

Alternatives médicamenteuses et naturelles

  • Les antihistaminiques

Ce n’est pas mon option préférée étant donné qu’il existe des alternatives naturelles, mais je vous la cite quand même. On peut y avoir recours pour la rhinite allergique, la conjonctivite, l’urticaire ou les réactions à des piqûres d’insectes.

C’est un pigment, un flavonoïde, aux propriétés antioxydantes et antihistaminiques (elle a la capacité d’inhiber la libération d’histamine) qu’on retrouve entre autres dans l’oignon, la pomme, le raisin, les câpres, le piment, le thé, les fruits rouges, les agrumes, le brocoli, etc.

On le surnomme la cortisone végétale ; il est à la fois anti-inflammatoire, antioxydant et antihistaminique. On l’utilise en gemmothérapie pour bloquer la libération d’histamine responsable des manifestations allergiques.

Il est fondamental de prévenir la dysbiose intestinale pour réguler le système immunitaire. Orientez-vous vers des souches efficaces contre les allergies comme L. rhamnosus, B. lactis, L. casei, L. plantarum ou B. longum.

  • Le gingembre et le curcuma

Ils exercent également une action anti-inflammatoire, antioxydante, protectrice du foie, immunomodulateur et anti-histaminique.

Elle aide à moduler la réaction immunitaire face aux allergènes. On la consomme soit en faisant infuser les feuilles, soit en complément alimentaire.

  • Les huiles essentielles

Lavande, eucalyptus, camomille… en inhalation pour déboucher le nez.

En cas de réaction anaphylactique : appeler les urgences et procéder à une injection d’épinéphrine (adrénaline) dès que possible.

J’espère que cet article vous a plu et qu’il vous a permis de mieux comprendre ce syndrome pollen-aliments. N’hésitez pas à le partager à un proche si vous pensez qu’il pourrait l’aider !

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Claire Poncet

Diététicienne-nutritionniste, professeure de yoga et créatrice de contenus digitaux, je vous accompagne vers une relation plus saine et sereine avec votre corps.