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Comment le stress post-traumatique s’inscrit-il dans le corps ?

par | Mai 8, 2024 | Blog, Santé | 0 commentaires

Dans ce nouvel article, j’ai à cœur de vous parler d’un sujet encore une fois peu abordé, sûrement parce qu’il est encore peu connu et peu reconnu à l’heure actuelle, même si on commence à en parler de plus en plus.

Il y a souvent de grands événements, des visions terribles ou des faits graves qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on parle de stress post-traumatique. On peut penser aux militaires, aux victimes d’attentats, aux cambriolages, aux agressions, aux viols, etc. Et c’est vrai, ce genre d’événement traumatisant peut déclencher un trouble du stress post-traumatique. Prenons, par exemple, les attentats contre Charlie Hebdo en janvier 2015 : 20% des victimes de l’attentat étaient touchées par un stress post-traumatique 6 mois après l’attentat selon l’étude I.M.P.A.C.T.S publiée sur le site de Santé Publique France (lien dans les notes). Mais j’aimerais aussi souligner qu’un stress post-traumatique peut survenir suite à un événement beaucoup moins grave ou d’une ampleur plus petite d’un point de vue objectif, et c’est aussi ce dont je vais parler avec vous dans cet article pour la simple et bonne raison que, la plupart du temps, on a tendance à culpabiliser de ressentir des émotions intenses et douloureuses lorsqu’on estime que son vécu, sa situation n’est assez grave pour être légitime de ressentir cette souffrance. Et j’aimerais vraiment vous rappeler qu’un stress post-traumatique n’est pas uniquement fonction de l’événement en question, mais surtout et avant tout de comment vous l’avez vécu. 

L’objectif de cet article est de comprendre le stress post-traumatique (que vous vous sentiez concernée par ce trouble ou que vous soyez proche d’une personne touchée), connaître ses causes et ses symptômes, découvrir les pistes, les stratégies et les outils pour le surmonter.

Je tiens aussi tout particulièrement à vous expliquer le lien entre le stress post-traumatique et les troubles du comportement alimentaire (TCA). Et on verra ensemble comment mieux appréhender votre trauma pour améliorer votre relation à l’alimentation.

C’est quoi, un stress post-traumatique ?

Le stress post-traumatique (SPT) est un trouble anxieux sévère qui se développe à la suite d’un événement ayant suscité une détresse intense. C’est un trouble qui s’installe généralement de manière chronique si l’on ne met rien en place pour le soulager et qui peut parfois se compliquer en dépression. Il se caractérise par des symptômes réactionnels intenses, désagréables et dysfonctionnels qu’on va aborder dans cet article.

En général, les événements traumatisants susceptibles de conduire à un stress post-traumatique sont ceux qui génèrent un sentiment de peur viscérale, d’impuissance, voire d’horreur. Cela peut être, par exemple, des cas très graves comme une agression physique, un accident de la route, une catastrophe naturelle, un attentat, des abus sexuels, la perte d’un proche, etc. Mais des situations plus anodines peuvent aussi, pour les raisons qui vous sont propres, vous provoquer le même choc émotionnel que les circonstances graves que je viens de citer. Par exemple, on peut mentionner la rupture amoureuse, une tromperie ou le sentiment d’avoir été trompée, le harcèlement scolaire ou professionnel, la perte d’un emploi, une humiliation en public, le sentiment d’avoir été abandonnée par un proche, etc. Bien sûr, votre réaction face à ce type d’événement qu’on pourrait qualifier de banal comparé aux situations précédentes dépend de votre propre sensibilité au sujet et des blessures émotionnelles que la situation vient réveiller chez vous.

Aujourd’hui, on estime que 9% de la population aurait été atteinte à un moment donné de leur vie de stress post-traumatique. On ignore exactement pourquoi certaines personnes développent un stress post-traumatique tandis que d’autres non face à un même événement, si ce n’est qu’on en revient à cette notion de sensibilité propre à chacun.

Les symptômes du stress post-traumatique

Pour bien comprendre le stress post-traumatique, il faut savoir qu’il doit répondre à 5 critères établis dans le DSM (Manuel de Diagnostic et Statistique des Troubles Mentaux) qui sont :

  • la confrontation à un ou plusieurs événements traumatisants de manière directe (exposition directe) ou indirecte (témoin ou via un proche) ;
  • la présence de symptômes d’intrusion apparus après l’événement : souvenirs répétitifs et involontaires, cauchemars récurrents qui provoquent le même sentiment de détresse, flashbacks, des crises d’anxiété ou d’angoisse lors de situations qui rappellent le traumatisme ;
  • un comportement d’évitement : tentatives d’éviter les souvenirs, mais aussi d’éviter les endroits, les activités ou les personnes qu’on a associées au traumatisme (ex. vous avez vécu un traumatisme pendant que vous étiez en train de bruncher dans un café à Paris avec votre meilleure amie, vous n’aurez plus envie de revenir dans ce café à l’avenir puisqu’il est le siège de votre trauma) ;
  • une altération de la pensée et de l’humeur : pertes de mémoire, croyances négatives, état émotionnel négatif persistant, une déformation des idées concernant la cause ou les conséquences de l’événement traumatisant ;
  • une altération des réactions émotionnelles : accès de colère, hypervigilance, problèmes de concentration, troubles du sommeil.

On peut aussi retrouver des symptômes dissociatifs comme la dépersonnalisation, c’est-à-dire que vous avez la sensation de ne plus habiter votre corps, comme si le monde autour de vous tournait au ralenti et que rien n’est réel.

Note : la phase de stress post-traumatique se déclenche environ 1 mois après le traumatisme. On parle avant de phase de stress aigu, qui relate le choc que l’on ressent suite à l’événement traumatisant et qui se traduit par une symptomatologie encore plus intense. C’est vraiment quand la période de stress persiste au-delà d’1 mois qu’on peut parler de stress post-traumatique.

Que se passe-t-il pendant la phase de stress aigu ?

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la réaction fight or flight (la lutte ou la fuite) mais il existe une troisième réponse face à un stress à laquelle on peut recourir.

Premièrement, lorsque vous êtes en train de vivre la situation traumatisante, vous allez opter pour une des 3 réponses au stress (parfois, on peut en observer plusieurs) :

  • La fuite (flight) : c’est une réaction instinctive dans laquelle vous allez chercher à vous éloigner de la zone de danger. Cela peut se faire aussi bien physiquement (vous quittez le lieu) que psychologiquement (par la distraction par exemple) ;
  • Le combat (fight) : dans cette réaction, vous choisissez de résister ou de combattre activement la menace ;
  • Le gel (freeze) : c’est une réaction de paralysie ou d’inhibition dans laquelle vous vous figez littéralement face au danger, comme si la peur avait déconnecté votre esprit face à une réalité trop dure à affronter.

Ensuite, pendant la phase de stress aigu, vous pouvez éprouver les réactions du stress post-traumatique que j’ai citées précédemment, et ce, de manière très vive.

Vivre un stress post-traumatique est épuisant. Cela génère une production accrue d’adrénaline et de cortisol, qui sont deux hormones qui jouent un rôle essentiel dans les mécanismes d’adaptation des différents métabolismes et dans la mobilisation des réserves d’énergie du corps.

Conséquences du stress post-traumatique sur le comportement alimentaire

Des complications peuvent survenir en ce qui concerne le comportement alimentaire et il n’est pas rare de retrouver des troubles des conduites alimentaires à la suite d’un événement traumatisant.

On peut essayer d’utiliser la nourriture comme mécanisme d’adaptation et comme une source d’apaisement face à la détresse ressentie. Vous serez alors amenée à consommer des aliments généralement réconfortants, souvent en excès, pour faire face aux émotions difficiles. C’est typiquement un comportement qu’on retrouve dans les cas d’hyperphagie, de compulsions alimentaires ou de boulimie, qu’elle soit vomitive ou non.

Un stress post-traumatique peut aussi provoquer une perte d’appétit, à court, moyen ou long terme, ce qui peut sans surprise déboucher sur de l’anorexie. Le fait d’être en hypervigilance dans sa vie peut aussi se transposer sur l’alimentation et on peut observer là encore un comportement de type anorexie, orthorexie, des pensées obsessionnelles autour de la nourriture ou des tocs alimentaires.

On peut aussi bien être amenée à rechercher de l’apaisement, un sentiment de sécurité qu’on a perdu, du réconfort via l’alimentation, ou au contraire, on peut avoir besoin de fuir la situation via le contrôle excessif, un comportement restrictif ou des tocs alimentaires.

Ce qu’il faut comprendre dans tous les cas, c’est que ces dysfonctionnements alimentaires viennent directement répondre à votre trauma. Ils viennent quelque part vous aider à le vivre car il n’est pas encore intégré. À ce moment-là, les techniques d’intégration du trauma vous seront aussi bénéfiques sur le plan de l’alimentation, et mieux encore si vous traitez l’aspect psychologique et nutritionnel en même temps – et je vous le conseille d’autant plus si vos troubles alimentaires durent depuis longtemps !

Les différentes approches pour surmonter le stress post-traumatique

Tout d’abord, avant même de songer à suivre une thérapie, il est fondamental d’en parler autour de vous. Ne restez pas seule avec votre traumatisme ! Il faut en parler, lever les tabous si nécessaire mais ne restez pas dans l’ombre. Plus vous extérioriserez le trauma, mieux l’intégration pourra se faire. À mon sens, un suivi psychologique est absolument nécessaire pour travailler sur l’intégration du trauma. Et vous avez par ailleurs diverses options complémentaires pour remonter la pente :

  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ;
  • Les exercices de respiration (pranayamas) ou cohérence cardiaque ;
  • Le yin yoga pour apporter de l’ancrage et ramener le sentiment de sécurité. Sachez par ailleurs que je propose des sessions de yoga mensuelles en visio si cela vous intéresse. C’est le concept Home Body Yoga © que j’ai créé cette année et qui vise à ressentir, à accueillir les émotions pour se réconcilier avec son corps et mieux l’habiter.
  • La méditation ;
  • La gestion du stress et de l’anxiété, qui peut se faire en partie grâce au CBD ;
  • Le travail sur l’estime de soi, l’amélioration du rapport au corps et à l’alimentation : c’est ce qu’on fait dans le programme T.C.A qui dure 1 mois et dans lequel je vous délivre mes meilleures clés pour faire la paix avec votre corps, vos émotions et votre alimentation.

Enfin, je vous invite à aller explorer quelle blessure le trauma a-t-il réveillé et vous permet-il de travailler ? Je parle surtout ici des situations plus bénignes, où la cause du choc émotionnel est peut-être moins évidente. Quelle que soit la situation, si vous répondez aux critères que j’ai mentionnés dans cet article, je vous invite vraiment à approfondir le sujet du stress post-traumatique et à vous poser cette question : quelle blessure a-t-elle été réveillée en moi ? Et de voir cet événement comme une opportunité de guérir cette blessure en apprenant à mieux vous connaître.

En explorant cela, vous allez améliorer votre vie dans bien d’autres domaines puisqu’une fois la blessure plus ou moins résolue, elle impacte positivement tous les domaines dans laquelle elle était impliquée.

J’espère que cet article vous aura aidée. N’hésitez pas à partager d’autres pistes en commentaire ou à témoigner sur votre prise en charge. Un stress post-traumatique est douloureux, mais on s’en sort et je souhaite porter un message d’espoir aux personnes concernées !

Prenez soin de vous et à bientôt.

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Claire Poncet

Diététicienne-nutritionniste, professeure de yoga et créatrice de contenus digitaux, je vous accompagne vers une relation plus saine et sereine avec votre corps.